Je suis en train de commencer à taper ce billet alors que j'entends en fond l'émission de Drucker (une brève erreur de programmation, rassurez-vous !), et franchement, les airs de vierge crucifiée que la Béart prend alors que Coffe, avec des trémolos dans la voix, lui rend un vibrant hommage pour toutes les bonnes actions qu'elle a faites, m'exaspèrent ! Cela me fait penser à un billet drôlissime d'Anaïk, toujours sur cette sacrée Béart, qui nous expliquait comment faire un régime amaigrissant sans s'en apercevoir : suffit d'manger dans une p'tite assiette bien sûr !!

topinambours_sauce_fr_bl_C

Alors, nous, on a fait l'inverse : on a mangé un petit peu de topinambours dans une grande assiette ! Oui, je ne sais pas pourquoi, mais, celui qui me les a vendus m'en mettait dans un petit sac à dose homéopathique, si bien que, après avoir dit au moins quatre fois de suite "encore", "encore !", j'ai dit que cela suffisait (je ne voulais pas non plus passer pour la goinfre de service !), alors qu'en fait cela faisait plutôt une mini dose pour deux ! Ben oui, chez nous, ce n'est pas l'accompagnement d'une entrecôte de 300 g, les topinambours ont la place d'honneur ! Donc, autant ne pas être pingre sur la quantité !

Je les ai accomodés d'une manière toute simple et rapide, mais que j'adore : simplement rissolés et nappés d'une sauce au fromage blanc aillé persillé. Cela met admirablement en valeur leur petit goût d'artichaut noisetté, avec leur consistance fondante, comparable à celle de pommes de terre cuites à l'étouffée et toutes moelleuses.

C'est un féculent, cependant  la substance de réserve n'est pas l'amidon comme chez la pomme de terre, mais un glucide voisin, l'inuline, qui est un polymère du fructose. Ce glucide n'influence pas la glycémie des personnes diabétiques, contrairement à l'amidon. Le nom de ces tubercules vient de la francisation d'une tribu du Brésil, les Tupinambas ; le lien avec les topinambours n'est pas direct, mais comme les deux, les hommes comme la tubercule, venaient d'ailleurs, et ont été présentés en France en même temps (1613), on ne s'est pas embarrassé de détails, on les a associés !
La Sieste les compare à des petits tapirs : je n'y avais pas pensé, mais lorsque j'ai lu cette phrase, cela m'a paru une évidence ! C'est grâce à elle aussi (ou à cause ?) que vous avez eu droit à ce titre quelque peu étrange, vous pouvez aller lire ici :

topinambours

Photo prise chez La Sieste. Vous n'avez pas reconnu son super scanner ?

Donc le côté un peu casse-pied, c'est l'épluchage, car les topinambours sont naturellement irréguliers, mais leur goût incomparable vaut bien ce petit effort ! Et il ne faut pas les faire cuire à l'eau avant de les faire revenir, car vous gâchez énormément leur saveur.

Remarque annexe :

Je ne suis pas brutalement devenue idiote pendant la nuit, et ce n'est pas non plus Alzheimer qui me guette, autrement dit, je n'ai pas subitement oublié comment on mettait un lien hypertexte, mais, depuis hier soir, c'est absolument impossible ! Lorsque j'ouvre la fenêtre, seule une page blanche s'affiche (sur laquelle je ne peux rien coller ni écrire, bien entendu) ?! Avec une croix pour que je puisse la fermer, quand même sympa ! Donc, si quelqu'un de plus malin que moi (cela ne devrait pas être bien dificile à trouver !) lit ces lignes et peut quelque chose pour moi, je suis preneuse !

Pour 2-3 personnes :

600 g de topinambours
3 gousses d'ail
huile de tournesol
sel

Sauce au fromage blanc :

500 g de fromage blanc battu
3 gousses d'ail pressées
sel, poivre
persil plat ciselé
quelques gouttes d'huile de colza grillé (Montegottéro bien-sûr !), mais que l'on ne mélangera pas

Faites la sauce au fromage blanc, idéalement quelques heures à l'avance afin que les parfums se mélangent. Il vous suffit de mêler tous les ingrédients, on ne peut faire plus simple ! J'ai précisé du "persil plat", car il est beaucoup plus parfumé que le frisé, qui a la préférence des supermarchés et des mauvais marchands car il "tient" beaucoup plus longtemps ; on peut donc tranquillement continuer à vous le vendre alors qu'il a déjà un certain âge ! Tout bénef ! Sauf pour tous les oligo-éléments, vitamines, et bien-sûr pour vos papilles !

Les topinambours maintenant :

J'ai mis une cuillerée à soupe d'huile dans le plat de mon four infrarouge et les ai disposés en dés ; 25 mn au total.
Haut : maxi
Bas : maxi 10 mn, puis mini

Sinon, vous les faites cuire à l'étouffée dans une cocotte, en fonte ou Beem (ma fameuse "cocotte magique"), à couvert ; mais vous devrez peut-être mettre plus d'huile pour que cela n'attache pas.

Cinq minutes après le début de la cuisson, on rajoute les gousses d'ail coupées en lamelles ; c'est surprenant, mais l'ail émincé n'est absolument pas fort comme de l'ail pressé que l'on ferait rissoler ; on reconnaït le parfum bien-sûr, mais sans ce côté un peu sauvage de la gousse pressée.

Dès que les topinambours sont cuits, vous les nappez de la sauce au fromage blanc, et vous faites délicatement couler dessus quelques gouttes d'huile de colza grillé ! Mmmmhh ... vous savourez ... simplement divin.

Je suis vraiment désolée pour la photo, mais je n'étais pas photographiquement inspirée, hier soir ; ou plutôt si, je l'ai été, mais aussitôt tout avalé : déjà, sur l'assiette, les topinambours ne sont pas nappés, alors qu'il faut les manger les manger ainsi, c'est d'ailleurs ce que nous avons fait. Les topinambours cuits de cette manière sont absolument délicieux : ils sont à la fois tout dorés, et en même temps tout moelleux, comme soufflés par la chaleur douce qui les enrobe à coeur.

J'aurais dû les prendre en macro, un ou deux dés de topinambours, on aurait vu un morceau doré, tandis que toute une partie aurait disparu sous le fromage blanc tout onctueux, et une goutte d'huile toute cuivrée aurait doucement coulé et brillé dessus ... c'est ainsi que nous les avons dégustés, et le simple fait d'écrire ces lignes m'en fait me délecter de nouveau ! Fermez les yeux, imaginez ... elle est pas belle ma photo ?!

Régalez-vous !