27 septembre 2007
Beignets de fleurs de carottes sauvages
Un pur bonheur !
La carotte sauvage est on ne peut
plus commune en France, et pourtant on ne l’utilise pas couramment en cuisine. C’est
l’ancêtre de la carotte cultivée ; on la trouve dans toute la France,
essentiellement dans les terrains pauvres (sablonneux, arides …), ou dans les
friches.
On peut accommoder ses racines ou
ses feuilles ; les jeunes feuilles, sautées à la poêle et arrosées de
tamari, sont délicieuses. Ses graines, que l'on récolte à la fin de l'été, peuvent également être utlisées : j'ai en prévision un dessert à base de lait de riz et agar-agar, je vous en dirai plus bientôt !
J’ai choisi, ici, d’accommoder ses
fleurs, en beignets. Cette idée était suggérée dans le livre Sauvages et
comestibles, de Marie-Claude Paume. Alors, lors de ma dernière virée dans
l’Aveyron, lorsque je me suis trouvée nez-à-nez avec un champ de carottes
sauvages, je me suis dit qu’il fallait passer à l’acte !
Ces beignets sont extrêmement surprenants, car les fleurs ont un petit goût de carotte tout à fait identifiable, peut-être un peu plus subtil, dirais-je, mais bien sûr la texture n’a aucun rapport, elle est beaucoup plus aérienne. Et la pâte à beignets que j’ai choisie de faire ici est très légère car, en plus de blancs en neige et d’une proportion de bière, elle comporte de la levure de boulanger, ce qui la rend toute soufflée et moelleuse.
Le résultat est franchement étonnant, car c’est à la fois extrêmement subtil et audacieux, de par le parfum et la texture des fleurs, et totalement gourmand, voire régressif, de par l’épaisseur, le croustillant et le moelleux du beignet. Etonnante association de sensations, comme si deux univers se rencontraient ! Et je n’aime rien tant qu’associer les extrêmes !
Alors, vous me suivez ?
240 g de farine d’épeautre T
65
15 cl de lait (de riz ou de soja)
10 cl de bière
2 jaunes et deux blancs
2 cs d’huile de tournesol
10 g de levure de boulanger,
délayée dans une petite partie de la quantité de lait ci-dessus
40 g de sucre (
Sel
Fleurs de carottes sauvages
Laisser lever deux heures à
couvert.
Couper les tiges des fleurs de
carottes sauvage, bien à la base.
Monter les blancs avec le sel en
neige ferme, en ajoutant, une fois montés, le sucre blond.
Mélanger à la pâte.
Tremper les fleurs de carottes
sauvages par groupes de 3 dans la pâte,
bien les enrober, et jeter cette boule de pâte dans l’huile à 180°. Surveiller
la cuisson, retourner les beignets lorsqu’ils sont dorés, puis les retirer, en
les disposant sur une assiette garnie d’un essuie-tout ; pour bien enlever
l’excédent d’huile, il faut en éponger le dessus avec un autre essuie-tout.
Cela allège considérablement les beignets, et empêche en plus qu’ils ne se
ramollissent au contact de l’air.
Saupoudrez-les alors de sucre
roux, et jetez-vous dessus aussitôt !
J'ai, pour ma part, adoré les dévorer en croquant en même temps une fleur crue, pour encore davantage profiter de son parfum ...
Une recette parfaite pour Birgitt, de Un an pour faire son cooking out, qui nous propose de jouer avec les fleurs !
Et, si vous voulez découvrir ma cuisine d’un peu plus près, n’oubliez pas l’atelier que j’organise à Paris ! Tous les détails sont ici.
Commentaires
Passionnant ce blog ! Je reviendrai un de ces quatre moi qui refuse de manger des petites bêtes qu'on pas mérité ça. Bonne continuation.
Quel bonheur de voir une si jolie recette de plante sauvage ! J'ai déjà fait des beignets comme ceci mais en salé avec une pointe de curry, c'est pas mal non plus ! Je vais mettre prochainement en ligne une recette sur la carotte sauvage justement. Mais avec ses graines qui séchées au bout de 3 semaines, dégagent un subtil parfum de poire ! Dans les alentours de Lyon, tu ne peineras pas à en trouver je pense, car comme tu le dis, les carottes sauvages ont en trouve partout. Encore bravo pour cette recette :))
Tout comme Lilo, j'aime beaucoup les recettes à base de plantes sauvages, méconnues et pourtant si riches! Tes beignets semblent délicieux, aériens et parfumés... j'ai participé récemment à une journée de découverte des plantes sauvages comestibles, c'était passionnant! Entre autre recettes découvertes, une tarte sucrée au plantain et à l'ortie, une soupe à la mauve et au laiteron, du fromage frais au mouron blanc...
Merci Samuel ! Je viens de découvrir ton blog, sur lequel moi aussi il faudra que je retourne ! Plein d'articles intéressants !
Ces beignets en salé avec du curry, c'est une superbe idée ! Je vais tester ! Pour ce qui est des graines, moi aussi j'ai une recette prévue, avec du lait de riz !
Oui Claire, les plantes sauvages sont fabuleuses ; j'en ai encore des myriades à découvrir !
Je ne les connais pas mais il se peut qu'on en trouve encore ? A quel endroit et en quelle saison ? Il faut varment que j'investisse dans un "larousse" des plantes sauvages comestibles... en as tu un à conseiller ?
Je ne savais pas que ça se mangeait ! J'adorerais goûter ça, mais je me demande bien où je pourrais en trouver...
Bonne journée
De merveilleux beignets très appétissants! C'est une fleur qui se trouve effectivement en grande quantité chez moi...mais je n'avais jamais pensé à la manger! En fait, je ne savais pas que ces fleurs étaient commestibles. J'aimerais utiliser plus souvent les plantes sauvages, mais j'ai un peu de mal à les identifier...
Comme c'est original!!! jamais entendu parler de ces fleurs de carottes sauvages!...
Et zut pour ton Atelier à Paris....je serai là mais prise par un autre rdv.....
Quelle magnifique recette. Je n'aurais jamais pensé cuisiner des fleurs de carotte. J'aurais moi aussi bien aimé assister à ton atelier. Je suis sûre que j'y aurais appris énormément de choses. Mais pas toujours facile pour les Provinciaux de "monter" à Paris !
Waouh!! Originale, ta recette!! ça me tente vraiment en tout cas!!
Tiuscha et Eleonora, on en trouver partout et presque tout le temps, surtout en ce moment ; le livre que je cite dans le billet est très bien.
Pareil pour moi, Chris ! Il y en a tellement, j'ai encore des progrès à faire !
Alors peut-être une prochaine fois, Eliz ;-)
Anne, moi aussi je suis une "provinciale" ! ;-))
Oui, vraiment, je te le conseille, Grenadine !
Etonnant Valerie, j'ai encore appris quelque chose, je n'avais aucune idee que ca se mangeait. Merci!
Coucou Gracianne ! Depuis le temps que je côtoie ces fleurs, ce n'est que depuis récemment que j'en mange ; moi non plus, je ne savais pas, mais c'est délicieux !
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